Le 15 mai 2026, la sonde Psyche de la NASA a effectué son survol rapproché de Mars, s'approchant à environ 4 609 kilomètres de la surface. Cette manœuvre d'assistance gravitationnelle — technique qui consiste à exploiter le champ gravitationnel d'une planète pour modifier la trajectoire et la vitesse d'un engin spatial sans dépenser de propergol — était une étape critique du voyage vers l'astéroïde métallique 16 Psyche, situé dans la ceinture principale entre Mars et Jupiter. La mission espère déterminer si cet objet constitue le noyau primitif d'une proto-planète.

Une fronde gravitationnelle millimétrée

L'assistance gravitationnelle martienne a permis à la sonde d'augmenter sa vitesse de façon significative tout en ajustant son plan orbital, deux paramètres essentiels pour atteindre sa cible à terme. Selon la NASA, la manœuvre s'est déroulée conformément aux prévisions. Aucune poussée propulsive n'a été nécessaire : Mars a joué le rôle de levier cosmique, déviant la trajectoire du vaisseau avec une précision calculée de longue date par les équipes du Jet Propulsion Laboratory. Ce type de manœuvre est couramment utilisé dans l'exploration lointaine — Voyager, Cassini ou encore New Horizons y ont eu recours — mais chaque mission impose ses propres contraintes de timing et d'angle d'approche.

Mars observée sous toutes ses coutures

Avant, pendant et après l'approche la plus proche, l'instrument imageur multispectral embarqué à bord de Psyche a collecté une série de vues de Mars qui constituent, à elles seules, un résultat scientifique secondaire inattendu. Parmi les images publiées le 19 mai 2026 par la NASA figurent :

  • Un croissant martien saisi le 15 mai à 5h03 heure du Pacifique, dernière vue d'ensemble de la planète avant que celle-ci ne dépasse le champ de vision de la caméra lors de l'approche finale.
  • Une image en fausses couleurs rehaussées du cratère Huygens, une double structure annulaire d'environ 470 kilomètres de diamètre localisée dans les hautes terres méridionales, dont les teintes variées reflètent probablement des différences de composition ou d'altération de surface.
  • Des traînées éoliennes visibles dans la région de Syrtis Major, s'étendant sur environ 50 kilomètres et résultant de l'action du vent sur des cratères d'impact. La résolution atteint 360 mètres par pixel.
  • La première vue de Mars pleine capturée peu après l'approche maximale, offrant un panorama allant du pôle sud jusqu'au système de canyons de Valles Marineris.
  • La vue à la plus haute résolution jamais obtenue par la mission de la calotte polaire sud, riche en glace d'eau, s'étendant sur plus de 700 kilomètres, avec une résolution d'environ 1,14 kilomètre par pixel.

Cap vers l'astéroïde métallique

Avec Mars désormais derrière elle, la sonde Psyche reprend son régime de croisière. La NASA indique que les systèmes de propulsion ionique, momentanément mis en veille pendant la phase d'approche martienne, seront réactivés prochainement pour poursuivre l'accélération progressive vers 16 Psyche. L'arrivée à destination est prévue pour 2029. L'astéroïde, d'un diamètre d'environ 280 kilomètres, présente une densité et une réflectivité en accord avec une composition très riche en métaux — fer et nickel notamment — ce qui en fait un objet sans équivalent parmi les cibles visitées à ce jour par une sonde spatiale.

Les images martiennes collectées lors de ce survol ne constituaient pas l'objectif premier de la mission, mais elles illustrent la capacité des instruments embarqués à produire des données scientifiques de qualité même en phase de transit. Pour l'équipe scientifique, ce détour martien s'apparente à une répétition générale avant le grand rendez-vous avec un monde de métal.