Deux sites, deux missions, un même objectif
Le 24 mai 2026, un Falcon 9 décollait du complexe de lancement 40 à la station spatiale de Cape Canaveral, en Floride, avec à son bord 29 satellites Starlink dans le cadre de la mission Starlink 10-47. La fenêtre de tir s'ouvrait à 7 h 41 heure locale (11 h 41 UTC). Deux jours plus tard, le 26 mai, c'est depuis la Vandenberg Space Force Base, en Californie, que la mission Starlink 17-37 prenait son envol, cette fois avec 24 satellites à bord. Décollage prévu à 7 h 50 heure du Pacifique (14 h 50 UTC) depuis l'aire de lancement 4E.
Ces deux opérations ne sont pas exceptionnelles dans le calendrier de SpaceX : elles s'inscrivent dans un flux continu de mises en orbite destinées à densifier le réseau d'accès à internet par satellite que l'entreprise d'Elon Musk déploie à l'échelle planétaire. Ce qui retient davantage l'attention, c'est le compteur global qui s'affiche derrière ces missions.
Le soixantième vol orbital de l'année, deux fois en quelques jours
Les deux dépêches soulèvent une apparente contradiction : chacune des deux missions est présentée comme le 60e vol orbital de SpaceX en 2026. Cette situation s'explique par la nature des données disponibles au moment de leur rédaction respective. Il est probable que le décompte présenté pour la mission de Cape Canaveral incluait des vols planifiés qui ont depuis été recomptabilisés, ou que le chiffre de 60 désigne dans un cas la mission elle-même et dans l'autre une définition légèrement différente du portefeuille de vols.
Ce qui est certain, c'est que SpaceX navigue autour de son 60e lancement orbital de l'année à la fin du mois de mai 2026. À titre de comparaison, atteindre ce cap avant l'été représente une moyenne d'environ un lancement tous les trois jours. Un rythme qu'aucun autre opérateur de lanceurs au monde n'approche actuellement.
Le mix de véhicules comprend l'écrasante majorité de Falcon 9, complétés par au moins un lancement de Falcon Heavy depuis le début de l'année. La version lourde du lanceur reste mobilisée pour des charges utiles gouvernementales ou commerciales nécessitant davantage de performance en orbite.
Starlink, moteur et raison d'être du rythme de cadence
La constellation Starlink dépasse désormais les 7 000 satellites en orbite active, selon les estimations disponibles début 2026. Chaque mission ajoute une couche de redondance et de capacité au réseau, tout en permettant à SpaceX de remplacer les satellites de première génération par des modèles plus récents, dotés de capacités laser inter-satellites améliorées.
L'utilisation simultanée de deux sites de lancement — la côte Est et la côte Ouest des États-Unis — n'est pas un hasard. Elle permet à SpaceX d'optimiser les créneaux de lancement disponibles selon les contraintes orbitales propres à chaque plan d'inclinaison visé, tout en évitant les conflits de planning sur un seul site.
À mesure que la cadence s'accélère, la question qui se pose n'est plus de savoir si SpaceX peut tenir ce rythme, mais jusqu'où il peut monter. Le programme Starship, dont les vols de test se succèdent, est conçu pour transporter des centaines de satellites en une seule mission. Si ce système atteint sa maturité opérationnelle, le rythme actuel des Falcon 9 pourrait lui-même paraître modeste rétrospectivement.

