Un vol de transition entre deux ères

Depuis le pas de tir 2 de Starbase, au Texas, SpaceX a ouvert une fenêtre de lancement de 90 minutes à partir de 22h45 UTC ce 16 juillet 2026 pour le treizième vol du couple Starship-Super Heavy. La mission se distingue de ses prédécesseurs par une charge utile opérationnelle : un lot de satellites Starlink V3, la nouvelle génération du réseau de connectivité haut débit de l'entreprise de Elon Musk. C'est la première fois que ces satellites de troisième génération prennent place à bord du lanceur géant de SpaceX lors d'une mission suborbitale.

Deux mois environ se sont écoulés depuis le premier vol du Starship Block 3 avec le propulseur Booster 19, une montée en puissance progressive que SpaceX maintient depuis les premières tentatives de 2023. Chaque vol a permis d'affiner la maîtrise du véhicule, des systèmes de séparation jusqu'aux techniques de récupération des étages.

Réutilisabilité : les briques manquantes se mettent en place

Au-delà du déploiement de satellites, ce vol 13 sert de banc d'essai pour plusieurs améliorations destinées à rapprocher le système d'une réutilisabilité complète. Les ingénieurs de SpaceX ont intégré une série de modifications sur le lanceur, dont les détails techniques précis n'ont pas encore été communiqués dans leur intégralité au moment de la publication de cet article. L'objectif affiché reste d'atteindre une cadence opérationnelle élevée, comparable à ce que SpaceX a accompli avec la famille Falcon 9, mais à une échelle de masse et de volume sans précédent dans l'histoire de l'astronautique commerciale.

La récupération du Super Heavy, le premier étage du système, constitue l'un des axes de démonstration centraux. Depuis le vol 9, SpaceX a réussi à plusieurs reprises à attraper le booster à l'aide des bras mécaniques de la tour de lancement — la fameuse Mechazilla — une prouesse qui conditionne directement la viabilité économique du programme.

Potentiellement le dernier vol suborbital avant l'orbite

Ce qui confère à ce vol 13 une dimension symbolique particulière, c'est la possibilité qu'il soit le dernier à emprunter une trajectoire suborbitale. Selon les informations disponibles, SpaceX envisagerait de basculer dès le prochain vol vers des profils de mission à vitesse orbitale complète, une étape indispensable pour satisfaire aux exigences de la NASA dans le cadre du programme Artemis — où Starship est attendu comme véhicule d'alunissage — et pour répondre aux besoins croissants de ses propres constellations.

Si cette transition se confirme, le vol 13 marquera une frontière nette dans l'histoire du développement de Starship : celle qui sépare la phase d'apprentissage suborbitale du début d'une exploitation à part entière. Rien n'est encore officiel, et SpaceX n'a pas publié de calendrier précis pour les vols suivants au moment où ces lignes sont écrites. Mais la direction générale du programme ne laisse guère de place au doute : Starship est en route vers l'orbite.