Un départ depuis les steppes du Kazakhstan
À 10 h 47, heure de la côte Est américaine, soit 19 h 47 heure locale, la fusée Soyouz a quitté le cosmodrome de Baïkonour en direction de la Station spatiale internationale. À son bord : l'astronaute NASA Anil Menon, dont c'est le premier vol orbital, et deux cosmonautes de Roscosmos, Pyotr Dubrov et Anna Kikina. Dans les tribunes du pas de tir, Anna Menon — elle-même candidate astronaute à la NASA — regardait le lancement aux côtés de ses enfants, un moment qui témoigne de l'imbrication personnelle et institutionnelle de l'aventure spatiale.
La mission répond à la désignation Soyouz MS-29, dans la continuité du programme d'échanges de sièges entre la NASA et Roscosmos. Ce partenariat, maintenu malgré les tensions diplomatiques des dernières années, continue d'assurer une présence humaine régulière et conjointe à bord de l'ISS.
Dix personnes en orbite, une station sous haute fréquentation
L'amarrage à la Station spatiale internationale a été confirmé dans les heures suivant le lancement. Le trio a été accueilli par les membres d'équipage déjà présents, portant l'effectif total à dix personnes pour une durée estimée d'environ deux semaines, le temps que la rotation précédente regagne la Terre. Ce niveau de fréquentation reste exceptionnel et illustre la densité croissante des programmes d'expédition à bord du laboratoire orbital.
Anil Menon apporte à bord une formation de médecin urgentiste et une expérience de vol militaire. Il avait notamment participé aux efforts de sélection et d'entraînement liés aux missions Artemis avant d'être assigné à cette mission Soyouz. Pyotr Dubrov, lui, effectue son deuxième séjour sur la station, après un long séjour de près d'un an entre 2021 et 2022.
Une station de plus en plus peuplée de robots
Dans les coulisses de ce lancement, une autre dynamique retient l'attention : la robotisation progressive de l'ISS. La start-up new-yorkaise Icarus Robotics, qui développe des robots mobiles capables d'effectuer des tâches en apesanteur, a annoncé le 15 juillet avoir sélectionné KULR Technology Group pour fournir les batteries embarquées de Joy, sa plateforme de vol libre destinée à opérer à l'intérieur de la station.
Ce type de robot en vol libre — capable de se déplacer de manière autonome dans les modules pressurisés sans intervention humaine directe — représente une piste sérieuse pour réduire la charge de travail des astronautes sur les tâches d'inspection et de maintenance routinières. KULR, spécialisé dans la gestion thermique des batteries, fournit ici une solution conçue pour résister aux contraintes spécifiques de l'environnement spatial. Le contrat entre les deux entreprises n'a pas encore été assorti d'un calendrier de déploiement précis.
L'arrivée de Soyouz MS-29 et les développements autour de la robotique embarquée convergent vers une même réalité : l'ISS, à moins de dix ans de sa déorbitation programmée, n'a jamais semblé aussi active. La question qui se pose désormais est celle de la transition vers les futures stations commerciales, dont aucune n'a encore démontré sa capacité à prendre le relais à temps.


