Mise à jour · 17 juillet 2026, 02h03 heure de Paris. Elon Musk vient de préciser la marche à suivre sur X : « To be confident of a good flight, 2 Raptors will be removed & replaced. Most probable launch timing is early next week. ». Deux moteurs Raptor du Super Heavy seront donc démontés et remplacés avant une nouvelle tentative désormais visée en début de semaine prochaine — un calendrier plus prudent que les « quelques jours » initialement évoqués. La fenêtre du 18 juillet à 00h45 heure de Paris est de facto abandonnée. Voir le message d'origine ↗.
Jeudi 16 juillet 2026, à environ 18h45 heure locale à Starbase (Texas), la séquence d'allumage de Starship Flight 13 s'est interrompue d'elle-même avant le décollage. Des moteurs Raptor n'ont pas démarré selon le plan, activant l'abort automatique. La fusée est intacte, le propergol a été vidangé, et SpaceX vise désormais une nouvelle fenêtre le 18 juillet entre 00h45 et 02h15 heure de Paris.
Ce qui s'est passé au pad 2 de Starbase
La fenêtre de lancement de 90 minutes s'était ouverte à 17h45 heure de Starbase. Sur le pad 2 de Starbase, la paire Booster 20 / Ship 40 attendait sa séquence d'allumage complète. À T-0, un nombre indéterminé de moteurs Raptor n'a pas atteint la poussée nominale requise. Le système automatisé a immédiatement déclenché l'arrêt : c'est exactement le scénario pour lequel il a été conçu.
Elon Musk a posté sur X environ 48 minutes après l'incident : "Some of the engines didn't start, triggering an automatic launch abort. Now offloading propellant." Aucun dommage matériel n'a été signalé. La cause profonde est en cours d'analyse par les équipes SpaceX.
Pour ce 13e vol d'essai depuis 2023, la mission prévoyait une trajectoire ambitieuse : boostback et amerrissage du Super Heavy dans le Golfe du Mexique, déploiement de 20 satellites Starlink V3 — une première absolue pour Starship — puis rallumage des moteurs Raptor du Ship et amerrissage dans l'océan Indien. La charge utile Starlink rendait ce vol particulièrement attendu pour valider la capacité commerciale du système.
Un abort n'est pas un échec : la nuance compte
La sémantique importe ici. Un abort à T-0 est, par définition, le résultat d'un système de sécurité fonctionnant correctement. Les capteurs ont détecté une anomalie dans la séquence d'allumage ; l'ordinateur de vol a pris la décision d'arrêt avant que quoi que ce soit d'irréversible ne se produise. La fusée est sur le pas de tir, intacte, prête à une nouvelle tentative.
Ce type d'événement est documenté dans l'histoire des programmes spatiaux comme une démonstration de robustesse, non de faiblesse. SpaceX avait d'ailleurs annoncé, à l'issue de Flight 12 le 22 mai 2026, des ajustements sur la séquence d'allumage et sur le hardware, précisément après qu'un Raptor 3 s'était éteint en ascension et que cinq moteurs du Super Heavy n'avaient pas effectué leur rallumage boostback lors de ce premier vol V3. La FAA avait clos son enquête et délivré son feu vert pour Flight 13. L'abort d'aujourd'hui suggère que ces ajustements font encore l'objet d'une mise au point fine — processus normal pour un véhicule en développement actif.
Le nombre exact de moteurs concernés n'a pas été précisé par SpaceX à l'heure de publication. Toute spéculation sur une cause précise reste prématurée.
Premier test en temps réel pour le cours $SPCX
Starship Flight 13 est la première tentative de vol depuis l'introduction en bourse de SpaceX en juin 2026 sous le ticker $SPCX. L'événement constitue donc un moment inédit dans l'histoire du spatial commercial : pour la première fois, un aléa de développement sur Starship s'est traduit quasi-immédiatement dans un cours de bourse.
Selon des données relayées par The Launch Pad sur X, le titre $SPCX a perdu environ 6 dollars dans les minutes suivant l'annonce de l'abort. Le chiffre est à prendre avec prudence — les volumes après-heures peuvent amplifier mécaniquement les mouvements — mais il illustre une réalité nouvelle : les investisseurs particuliers et institutionnels qui ont parié sur SpaceX sont désormais directement exposés au calendrier, aux succès et aux aléas d'un programme d'essais en cours.
Cette sensibilité du marché à un abort sans dommage pose une question structurelle pour les mois à venir : comment les analystes vont-ils intégrer la normalité statistique des aborts dans un cycle de développement de la nature de celui de Starship ? La réponse façonnera en partie la volatilité de $SPCX à chaque fenêtre de lancement.
La suite : 18 juillet, puis jusqu'au 21
SpaceX a confirmé une nouvelle fenêtre de lancement le 18 juillet 2026 entre 00h45 et 02h15 heure de Paris. Des fenêtres de secours s'étendent jusqu'au 21 juillet. Musk avait indiqué peu après l'abort : "Next launch attempt hopefully in a few days".
La priorité immédiate des équipes est l'analyse des données de la séquence d'allumage pour identifier le ou les moteurs défaillants et comprendre la cause racine. Selon l'ampleur des corrections nécessaires, SpaceX décidera si la fenêtre du 18 est tenable ou si un report supplémentaire s'impose.
Les enjeux restent intacts : le déploiement des 20 Starlink V3 représente la première démonstration de capacité de charge utile commerciale pour Starship, un jalon que ni SpaceX ni ses clients institutionnels ne peuvent se permettre de traiter à la légère. Flight 13 n'a pas décollé ce jeudi, mais il n'a pas échoué non plus.


