Un dixième vol pour tester une architecture profondément remaniée

SpaceX a annoncé viser le 19 mai 2026 pour le dixième vol d'essai du système Starship. Ce lancement sera doublement historique : il marquera les débuts en vol de la version 3 du lanceur — à la fois le booster Super Heavy et le vaisseau Starship — et inaugurera le pas de tir 2 (Launch Pad 2) sur le site de Starbase, au Texas. Les deux infrastructures n'ont jamais volé ensemble, ce qui fait de cette mission un exercice de qualification à grande échelle.

Les modifications apportées à cette nouvelle itération du système restent en partie confidentielles, mais elles portent à la fois sur la structure du véhicule, sa propulsion et les systèmes au sol. L'objectif déclaré de SpaceX est de rapprocher Starship des standards opérationnels exigés pour soutenir la mission lunaire Artemis 3 de la NASA, actuellement planifiée en 2027.

Booster 19 : trente-trois moteurs allumés simultanément

Le chemin vers ce lancement a débuté le 7 mai 2026 avec le tir statique complet du booster 19. Tous ses trente-trois moteurs Raptor ont fonctionné à pleine poussée pendant la durée nominale du test, une étape critique pour valider la fiabilité du propulseur avant son premier vol réel. Ce type d'essai au sol permet à SpaceX de collecter des données de performance dans des conditions proches du lancement sans exposer le matériel aux risques d'un vol.

Dans les jours suivant ce tir, le vaisseau 39 — qui constituera la partie supérieure du stack — a entamé ses préparatifs en vue de son transfert vers le pas de tir 2. Le rollout, c'est-à-dire l'acheminement de l'engin vers son pas de tir, devait précéder une série de vérifications techniques finales avant l'empilement des deux éléments.

Un calendrier dense et des enjeux qui dépassent un simple test

Ce vol s'inscrit dans une semaine d'activité soutenue sur les sites de lancement américains et chinois. Selon les manifestes publiés début mai, pas moins de neuf tentatives de mise en orbite étaient prévues entre le 11 et le 17 mai, témoignant d'une cadence inédite dans le secteur spatial mondial.

Pour SpaceX, l'enjeu dépasse largement la démonstration technique. Chaque vol de Starship est une opportunité d'affiner les procédures de récupération des boosters, de tester la résistance thermique du bouclier du vaisseau lors de la rentrée atmosphérique, et d'avancer vers la certification du système pour des missions habitées. La NASA, qui a sélectionné Starship comme atterrisseur lunaire dans le cadre d'Artemis, suit ces essais avec une attention particulière : le calendrier du programme lunaire américain dépend directement de la maturité du lanceur texan.

Si la fenêtre du 19 mai est respectée, ce vol apportera des données précieuses sur le comportement du pas de tir 2 sous les sollicitations thermiques et acoustiques d'un décollage, tout en qualifiant les évolutions structurelles de la version 3. Un éventuel report resterait plausible — SpaceX ne communique jamais de date de lancement ferme à ce stade de préparation — mais la progression du programme semble, pour l'heure, conforme aux ambitions affichées.